Ikea s’offre la plate-forme TaskRabbit et ses 50 000 petites mains

(Auteur : Juliette Raynal)
Le spécialiste suédois des meubles en kit a fait l’acquisition, pour un montant non dévoilé, de la start-up californienne TaskRabbit pour apporter de nouveaux services à ses clients à moindre coût. Lancée il y a neuf ans, la plate-forme rassemble quelque 50 000 travailleurs indépendants qui proposent de fournir toutes sortes de services autour du bricolage et de la maison.

Les cinq heures pour monter le lit Brimnes, ses quatre tiroirs et ses 54 lattes vous ont laissé un mauvais souvenir ? Ikea ne veut surtout pas que cela se reproduise. Pour améliorer “l’expérience de ses clients” (l’inlassable obsession de tous les retailers), le géant de l’ameublement a mis la main, pour un montant non dévoilé, sur TaskRabbit, la place de marché où des dizaines de milliers de particuliers proposent toutes sortes de services, du bricolage au jardinage en passant par l’assemblage de meubles et les déménagements.

Fondée en 2008 et basée à San Francisco, TaskRabbit a déployé sa plate-forme à travers 40 villes aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Depuis sa création, la start-up californienne a levé environ 50 millions de dollars. Aujourd’hui, TaskRabbit est rentable. Dirigée par Stacy Brown-Philpot, elle emploie 60 collaborateurs et rassemble plus de 50 000 travailleurs indépendants. Ikea indique que TaskRabbit continuera à fonctionner de manière indépendante et sera en mesure de nouer des partenariats avec d’autres distributeurs.

LA “GIG ECONOMY” POUR SE TRANSFORMER ?
Chahuté par l’arrivée de nouveaux acteurs sur le marché de l’ameublement et de nouveaux standards en matière de services, Ikea espère accélérer sa transformation numérique avec cette acquisition. “Nous serons capables de tirer des leçons de l’expertise numérique de TaskRabbit, tout en offrant aux clients d’Ikea d’autres moyens d’accéder à des services flexibles et abordables”, a déclaré Jesper Brodin, le PDG d’Ikea Group. Pour faciliter la vie de ses clients, l’entreprise suédoise mise aussi sur la réalité augmentée. Elle a ainsi lancé l’app mobile Ikea Place, qui permet de visionner en trois dimensions, en taille réelle et dans le contexte de son choix toutes sortes de meubles.

En s’offrant TaskRabbit, le groupe suédois choisit néanmoins de faire son entrée dans la “Gig Economy” (l’économie des petits boulots), une nouvelle forme d’économie où les travailleurs indépendants sont payés à la tâche et non au mois. Poussé par la croissance de plateformes numériques, comme Deliveroo, Frizbiz, Uber, ce modèle dépasse le simple mode de contractualisation qui le caractérise et soulève de nombreuses questions autour de la précarisation du travail et de la fragilisation du système de protection sociale.

Source : usine-digitale.fr