Kiabi récolte les fruits de son virage mode

(Auteur : Lucile Deprez)
L’enseigne nordiste affiche une croissance constante de son chiffre d’affaires pour atteindre les 1,8 million d’euros en 2016 et ne compte pas s’arrêter là. Elle s’est donné pour objectif de doubler ses ventes d’ici à 2021 et de réaliser la moitié à l’international. Pour y parvenir, Kiabi mise beaucoup sur le produit.

Le virage mode de l’enseigne s’est opéré il y a un peu plus de quatre ans, avec l’arrivée d’Alexandre Pesty en tant que directeur artistique. Il a choisi de déployer un bureau de style en interne, le Trends Lab, composé de « ses têtes chercheuses ». Une entité dédiée à la « détection, la formalisation et à la communication des tendances ». Kiabi parie désormais sur un gros travail en amont avant de commencer à élaborer les produits et les collections.

Une partie des recherches passe par l’organisation de voyages dans les grandes capitales européennes, un an avant l’arrivée des collections en magasin, appelée le « shopping tendance ». Quelques jours qui permettent à l’équipe de « capter l’air du temps, mais sans jamais entrer dans une boutique de mode en s’intéressant seulement à l’art, à la culture et au design », indique Alexandre Pesty.

Les recherches se poursuivent sur les salons professionnels français, internationaux et avec les cahiers de tendance Trend Union pour la couleur. Dernière étape, le shopping chez les concurrents. Le directeur artistique explique : « Nous allons voir ce que fait la concurrence à l’international, nomment à San Francisco, nous allons très régulièrement aux Etats-Unis ou encore à Tokyo. C’est la ville incontournable du shopping et en street look, surtout dans l’univers streetwear. Le Japon est un des pays incontournables ».

Les partis pris couleurs, formes et matières se dessinent et aboutissent à des « scénarios mode », dévoilés via un diaporama à l’ensemble des équipes. La présentation les convertit en carnet de tendances, donnant le ton de la prochaine collection. L’équipe de création, composée de 189 personnes dont 56 stylistes, peut alors travailler sur la transformation concrète de ces tendances en produits.

Les stylistes sont spécialisés par famille de produits. Ils travaillent conjointement avec les chefs de produit et les modélistes. L’objectif est de trouver le parfait équilibre entre les envies, la demande, les besoins et la faisabilité des produits, tout en gardant à l’esprit le rapport qualité-prix, ce qu’a expliqué Alexandre Pesty lors d’une interview accordée à FashionNetwork. Le prix est aujourd’hui la force de Kiabi, qui propose des articles à un prix moyen de 7,30 euros.

Au total, l’enseigne nordiste élabore six collections par an, quinze collections capsule et cent nouveautés par semaine en magasin. Chaque saison, 3 000 dessins sont réalisés pour aboutir à plus de 6 000 références. En 2016, 300 millions de pièces ont été vendues dans les 15 pays d’implantation.

Kiabi, qui emploie 8 000 collaborateurs dans le monde, projette d’en recruter 5 000 supplémentaires, dont 1 000 pour la France, d’ici à 2021.

Source : fr.fashionnetwork.com