Une épicerie d’un genre nouveau à Sauxillanges (Puy-de-Dôme)

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(Auteur : Olivier Choruszko)
Ils sont professeurs, aubergistes ou infirmiers. Ils se sont regroupés pour ouvrir une épicerie, à Sauxillanges (Puy-de-Dôme), après la fermeture de la dernière supérette de la commune.

Hélène, 52 ans, est infirmière à domicile à Sauxillanges. Mais aussi épicière. Deux fois par mois, elle enfile un tablier et va tenir la caisse d’une boutique de produits locaux, dans l’une des rues principales du bourg. Reconversion en vue ? Non. Hélène s’investit gracieusement pour maintenir de la vie dans le centre de Sauxillanges. Et elle est n’est pas la seule. Soixante-dix personnes, de tous horizons, se sont mobilisées pour ouvrir un magasin citoyen dans la commune, l’un des premiers dans le département.

Faire vivre l’économie locale et créer du lien
Tout est parti de la fermeture du 8 à Huit, la dernière supérette du bourg, en juin 2016. Une mauvaise nouvelle pour certains habitants, notamment les personnes âgées. Il ne restait plus qu’un Carrefour Contact à l’entrée de la ville. « Ce commerce, ce n’était pas seulement un lieu de courses mais aussi un lieu de rencontres », raconte Hélène. « Ce n’était pas possible, on ne pouvait pas voir disparaître ce type de service en centre bourg, voir Sauxillanges devenir une ville-dortoir. »

Ni une ni deux, un groupe de citoyens bénévoles, qui se connaissaient notamment à travers d’autres initiatives locales, ont décidé de réagir. L’idée : ouvrir un magasin de produits en circuits courts, à même de créer du lien et de faire vivre l’économie locale. « Nous avons mené une enquête auprès des habitants et des producteurs puis nous avons monté une association nommée l’Alternateur », retrace Astrid, aubergiste.

L’appel à la mobilisation a dépassé toutes les attentes. L’Alternateur, en peu de temps, est parvenu à fédérer 250 adhérents dont 70 volontaires prêts à donner de leurs temps pour faire fonctionner un « magasin citoyen et solidaire ». Et le 12 septembre, ce commerce d’un genre nouveau a pu ouvrir ses portes à Sauxillanges, dans une ancienne boutique de vêtements, juste en face de l’ancien 8 à Huit…

Les épiciers citoyens n’ont pas eu de mal pour garnir les étals. Miel, yaourts, beurre, bières, légumes, fruits, fromages, savons, tisanes… On y trouve près de 250 références, fournies par trente producteurs locaux. Beaucoup sont proposées en vrac. Seuls le pain, le café, le thé et la viande manquent à l’appel. « Pour ne pas faire concurrence aux commerces déjà en place dans le bourg », précise Astrid. Le même souci d’équité prévaut dans l’élaboration des prix.

« On prend seulement 25 % de marges. Le reste est pour les producteurs. « C’est aussi une façon de faire baisser les prix. »

Côté organisation, les Alternateurs n’ont rien a envier aux plus pros des commerçants. Douze commissions ont été créées, correspondant à des tâches spécifiques : contrôle sanitaire, gestion des stocks, communication… « 55 bénévoles ont suivi une formation. On demande à chacun de faire au minimum une permanence de quatre heures par mois. »

Un chiffre d’affaires quatre fois supérieur aux attentes
Ce qui permet d’avoir au minimum deux personnes en permanence. « Il y a le “démarreur”, qui connaît bien le fonctionnement de la boutique, et l’aternateur”, qui est là pour aider. » Et ça marche. Le planning du personnel, accroché au mur, se remplit naturellement.

Les clients sont aussi au rendez-vous. « On espérait au minimum 3.000 € de chiffre d’affaires par mois pour pouvoir payer les charges et surtout le loyer. Finalement, c’est ce qu’on fait en une semaine ! » Sophie, 57 ans, sous-loueuse de meublés et Alternatrice motivée, confirme.

« Depuis le 12, on bouillonne?! Il y avait besoin de faire des choses ensemble, pour tout le monde. Et puis, bien se nourrir, avec de bons produits, c’est important. » Il y en a de l’énergie dans cet Alternteur-là !

Source : lamontagne.fr